Ces "Balades poétiques" de nos Carnets (ou bien l'une de nos infos centrée aussi sur l'acteur Elio Germano...), ont fini par vous mener au poème des poèmes (peut-être !) ; côté solitude méditative pré-romantique, en tout cas... Des vers qui, à raison, ont bonne place également dans les sites de philosophie.

Leopardi, ed il suo "sommo poema", non si conoscono mai abbastanza, e ad ogni lettura proviamo lo stesso piacere. Con il poeta di Recanati, anche « il naufragar »... ci « è dolce in questo mare » :)
 


L'INFINITO

 

Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
E questa siepe, che da tanta parte
Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.

Ma sedendo e rimirando, interminati
Spazi di là da quella, e sovrumani
Silenzi, e profondissima quiete
Io nel pensier mi fingo, ove per poco
Il cor non si spaura. E come il vento
Odo stormir tra queste piante, io quello
Infinito silenzio a questa voce
Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
E le morte stagioni, e la presente
E viva, e il suon di lei. Così tra questa
Immensità s’annega il pensier mio:
E il naufragar m’è dolce in questo mare

 

Toujours tendre me fut ce solitaire mont
Et cette haie qui, de tout bord ou presque,
Dérobe aux yeux le lointain horizon.
Mais, bien assis regardant, des espaces
Sans limites au delà d'elle, de surhumains
Silences, un calme on ne peut plus profond
Je forme en mon esprit, où peut s'en faut
Que le cœur ne défaille. Et comme j'ois le vent
Bruire parmi les feuilles, cet
Infini silence-là à cette voix
Je compare : et me souviens de l'éternité,
des mortes saisons, et de la présente
Et vive, avec son chant. Ainsi, en cette
Immensité ma pensée s'engloutit :
Et dans ces eaux il m'est doux de sombrer.

 

Pour mieux rendre hommage à la qualité de cette composition, à ces superlatifs en "-issimo" (que l'on connaît bien !) et à ce qu'ils évoquent en termes de vertigineuse et douce rêverie (où le bruissement des feuille évoque un peu une voix féminine), la RAI a imaginé un spot specialissimo.  En 2019, à l'occasion du 200ème anniversaire de l'année d'écriture de ce poème-icône de Leopardi, des voix-surprise, que les italiens n'ont pas eu de mal à reconnaître, se sont alternées dans la lecture de ces vers célébrissimes... Voici pour vous le résultat : en cliquant sur le ritratto (ou sur le poème manuscrit), quelles voix reconnaissez-vous, en bons "philoitaliens" ?
 


Giacomo leopardi l infinito