Cette 71ème édition des Prix David de Donatello a pluriconsacré - dans les plus prestigieuses catégories, en sus de son titre de vainqueur - le film "Le città di pianura". À suivre...
Mais c'est de "Primavera" ("Moi et Vivaldi" en France) que nous voulons et pouvons actuellement parler, en vertu et au delà de son heureuse deuxième place dans le classement des "Donatelli". Tout de même, citons les intitulés des quatre prix reçus par Damiano Michieletto pour son film printanier... : David des meilleurs costumes, de la meilleure coiffure, du meilleur son et du meilleur compositeur. Selon nous, son scénario aurait aussi bien mérité.
Convoquons tout d'abord la saisissante bande annonce !
Ensuite, précisons que si vous avez aimé "Gloria", de Margherita Vicario, vous allez sans doute aimer - ou avez déjà aimé ? - celui-ci !
Un film (attenzione!) qui commence avec une scène cruelle, pour donner le ton de l'ambiance qui se joue intra-muros (une spectatrice à côté de nous, avec raison, s'en indignait au plus haut point, en colère même contre l'existence de la scène en question, mais parfois il faut peut-être montrer/suggérer certaines choses pour que certains "esprits plus que tordus" les fassent décanter dans leur conscience, et se convertissent... !). Un film qui se termine par deux autres scènes de cruauté, mais aussi avec un moment de pitié improviste... Un film sur les droits des femmes bien sûr, où le message a donc une portée universelle, traversant les époques ; mais pour ce genre de film il faudrait ajouter qu'il s'agit d'une œuvre très bien orchestrée - c'est le cas de le dire - où les hommes (la plupart des hommes...) ont une vision ancestrale - mais surtout fausse ! - de ce qu'est une femme. Et une vision, anche troppo chiara, de ce qu'elle ne doit pas être, comme de ce à quoi elle doit servir. Même le meilleur de ces hommes (Vivaldi - Michele Riondino) aurait pu/aurait dû agir autrement à un moment donné, comme le lui fera remarquer le premier violon, Cecilia (l'excellente et polyvalente Tecla Insolia).
Le thème de la quête de son identité s'ajoute au thème principal, appena evocato ; nous pourrions dire qu'il le complète à la perfection, ajoutant au tragique de l'ensemble, à peine atténué par les magistrales compositions d'orchestre qui ponctuent le récit, avec équilibre e justesse.
L'on complètera aussi, pour conclure, avec deux affirmations che restano... Cecilia "nous" dira en voix off que, au vu des tous derniers développements, elle pourra enfin « réinventer » son existence (avec talent et créativité). De son côté, Vivaldi fait preuve de sagesse lorsqu'il affirme, dans un paradoxe apparent que, si un doute nous traverse (écrasés que nous pouvons tous être dans un certain contexte), par exemple celui que la musique serait plutôt inutile, il reste une certitude, celui que les notes peuvent tout...
Bref, voici un film qui (entre autres) dévoile des pans inattendus de l'existence du Maestro des "Quatre saisons", et que - comme nous avons essayé de montrer - l'on choisit de voir et de conseiller pour plusieurs raisons. Cela vous dit de partager vos ressentis via notre adresse de contact ?!